Pater-kutur

Avant propos : Par précaution il faut éloigner de cet écran les musiciens, les mélomanes, les âmes sensibles, les femmes enceintes, les vierges et les puceaux, les mineurs, les majeurs, le troisième âge, ceux atteints de pathologies graves ou bénignes, vous allez me demander pourquoi ? La raison en est simple : parce que.

La musique :Ici nous allons aborder la musique par une autre de ses facettes, il y a plusieurs lectures possibles des lois qui régissent cet art. Cet art qui comparé à la peinture, à la littérature à la photographie est beaucoup plus bruyant.

La musique peut être classique, contemporaine, moderne, sacrée, profane, populaire, folklorique, de variété, militaire, de jazz. Elle est variée parfois avariée, certains arrangement confinent plutôt à des dérangements.

Le Pater Kutur est aussi un membre de cette famille, un membre éloigné certes, mais un membre tout de même, le genre de membre de la famille qu’on préfère voir aller ailleurs, qu’on ne fréquente pas ou alors aux enterrements, mais il est là, même si on feint de l’ignorer, il existe faut faire avec.

Dans toutes les bonnes librairies, sur des sites spécialisés , vous trouverez des livres écrits par d’éminents professeurs capables de vous expliquer que le do dièse est un do qui voudrait être ré mais qui n’y arrive pas, alors que le mi dièse est un fa et que le si dièse un do, d’autres plus vicieux encore vous expliquerons que dans cette science des sons, on y trouvent aussi des silences, auxquels on donne les mêmes valeurs que les sons. Les silences en musique auraient comme alter ego en peinture la transparence.

Imaginons un concert de silence et une exposition de transparence, un véritable repos pour nos oreille et nos yeux, par contre faudra être très imaginatif pour expliquer ce qu’ont voulu décrire les auteurs, pour cela je ne vois qu’une solution, demander à un homme politique.

 

Le Pater Kutur:

Le Pater Kutur est un genre musical qui correspond pratiquement le mieux aux exigences de la musique, sans toutefois être corseté par des lois rigides et rigoureuses de la musique comme le musicologue le plus chagrin pratique.

Partant du postulat que Miro faisait de la peinture, que Beethoven, bien que sourd faisait de la musique, le Pater Kutur ouvre des possibilités insoupçonnées et inexplorées, parfois même inexplorables, faut bien l’admettre.

Le Pater Kutur est à la musique ce que impressionnisme est à la peinture, le détail n’a pas d’importance, de loin c’est très joli, de près on ne sait pas exactement ce que c’est, donc cela ne peut pas être mal ni mauvais, il faut aimer, c’est tout.

Le Pater kutur permet à des musiciens de jouer ensemble, ici il vaudrait mieux dire en « même temps » qu’ « ensemble » la même partition chacun y apportant sa touche personnelle et souvent  involontaire, en prenant des libertés individuelles avec le temps, le rythme, la tonalité, l’écriture musicale de la partition. C’est une sorte de démocratie musicale où chacun est libre d’exprimer sa sensibilité sans craindre les foudres et les admonestations d’un chef d’orchestre  à la chevelure folle et indomptée aux ordres des parangons de la musique dite conventionnelle.

Madame, Mademoiselle, Monsieur, Mamie, Papy, le Pater Kutur vous attend, si votre grand-père vous a légué un instrument, un clavecin, un viole de gambe ou même une pompe a vélo postulez et venez nous rejoindre à l’orchestre du samedi, J’oubliais, il vous faudra aussi posséder une bonne dose d’humour, à défaut, un petit grain de folie.

L’orchestre du samedi de renommée mondiale n’a pas encore choisit véritablement son nom de scène, trop occupé a peaufiner inlassablement son répertoire international, sorte de croisière musicale, escapade involontaire dans les méandres de la musique, sorte de retour vers le futur et inversement, sous la houlette de son chef d’orchestre que les opéras du monde entier nous envient, cet homme qui n’as plus sa crinière d’antan qui faisait si peur aux musiciens les plus téméraires, dont les connaissances et les possibilités musicales sont infinies: auteur, compositeur, arrangeur, mélodiste, interprète, musicien, chef d’orchestre, il cumule ces qualités comme un politique cumule les mandats.

 

Edito

 

Pour commence, je précise que nos activités pas toujours avouables se produisent sous l’égide du : Centre d’étude et de diffusion de la culture arménienne, CEDCA Tivoli Kegham Bagdassarian. Un nom plus long n’existe pas ou alors je n’ai pas trouvé. Association des plus sérieuses qui soit, connue et reconnue dans la région et au-delà.

Je vous rassure, pour commettre nos méfaits nous sommes obligés de nous enfermer, nous sommes étroitement surveillés par Marguerite qui sous le couvert de venir chercher un livre ou un objet indispensable à l’activité de l’association nous espionne. En voyant son air apeuré nous comprenons assez vite que nous devons nous assagir, du moins pendant sa présence, nous savons pertinemment qu’elle fera son rapport à la direction et que ce rapport sera sans  aucune concession. Pour ce qui est de Valérie, Présidente de l’association, je le rappelle, son cas est plus compliqué, elle fait partie de l’orchestre, mais elle ressemble beaucoup à la Sainte Vierge, non par une grossesse non expliquée, mais par ses apparitions et disparitions constantes, nous n’arrivons jamais à savoir si elle a son costume de musicienne ou celui de surveillante générale.

En surfant sur le site, vous pouvez avoir l’impression que nous sommes fous, je vous rassure, ce n’est pas une impression, nous sommes fous, c’est surement ce qui fait notre force. Mais nous avons la folie créatrice, musicale, novatrice, gaie, avant gardiste voir expérimentale, ce sont des qualités que nous insuffle notre mentor.

Nous nous sentons orphelins lorsque parfois il nous abandonne pour diriger l’Orchestre KERAM.

Keram est un orchestre de musique traditionnelle arménienne classique, composé de musiciens confirmés accompagnés de chœur, entre les deux orchestres pas de compétition, chaque formation suit sa route, Keram le doigt sur la couture du pantalon et sur des notes justes, ne déroge à aucune des règles de la sacro-sainte  science musicale, nous plus artiste, un peu dilettante. Si nous devions nous comparer à des peintres je dirais qu’ils sont des Léonard de Vinci, nous plus Picasso, bien sur faut aimer un sein de femme triangulaire, ce n’est pas donné à tout le monde.

La musique c’est comme la cuisine, tout le monde en parle, peu en connaisse les arcanes, les finesses, les subtilités. Pater-Kutur a dépassé ce stade, il en est a en créer de nouveaux.

On peut nous regarder d’un air condescendant, méprisant, hautain, offusqué, outré, nous en avons cure, nous sommes habités par notre art, nous continuerons notre chemin.

Nous sommes ouverts à toutes formes de mécénat, mais nous tenons à garder notre indépendance, notre seul Maître reste notre art.

Nous informons les producteurs et es organisateurs de spectacle que nous pouvons nous produire dans des salles intimistes comme au stade de France (en été seulement et par beau temps). Nous pouvons nous produire dans la région ou même à l’étranger sous certaines conditions.

1 – Nous n’accepterons pas des chauffeurs du type : « Monsieur Paul » le célèbre chauffeur de Lady Di, qui si l’on en croit les rumeurs, faisait. le plein de carburant pour la voiture et de pastis pour lui.

2 – Nous éviterons les armateurs de compagnie du genre Costa Croisière dont le slogan est «  avec Costa vous n’en reviendrez pas », dont les capitaines aiment à flirter avec la cote jusqu’à effleurer intimement mais dangereusement les rochers.

3 – Nous éviterons les compagnies aériennes ayant des pilotes «  Andreassian » qui préfèrent l’au-delà au vin d’ici.

Une fois ces barrages levés nous pourrons nous produire au Carnegie Hall comme à l ‘opéra d’Erzeroum ou au Royal Albert Hall, toutefois  il faut savoir que notre spectacle n’est pas figé, il peut subir quelques petites modifications dues à l’actualité, qui ne perturbent en rien l’immensité de notre talent.

Nous conseillons aux mécènes, producteurs, organisateurs …de nous joindre via le formulaire de contact, soyez certains que nous étudierons très sérieusement toutes les propositions…

 

Précis  de théorie musicale, par le Professeur Vran kakadzé

 

Le solfège c’est l’alphabet de la musique comme le disait Kevork Yambekian grand musicologue, compositeur, chef d’orchestre, chanteur, musicien, professeur de musique connu mondialement et au-delà. Lui préférait le vin d’ici à l’eau delà car plus propice à une inspiration débridée, qui permet d’avoir plusieurs générations d’avance sur les musiciens les plus avertis.

Ce n’est pas donné à tout le monde d’enseigner des chansons arméniennes à des gamins de 10 ans et plus qui ne parlent que français, cela juste avant la sortie hebdomadaire du samedi, en expliquant qu’ils ont baissé d’un quart de ton, mais prononcé par cet immense personnage donnait « t’as baissé un carton ».

Ce professeur émérite à plus d’un titre consommait plusieurs pianos par an, ses doigts surpuissants, sa fouge musicale venait à bout des claviers les plus résistants.

J’ai aussi une tendre pensée pour Robert Artinian que des pseudos mélomanes critiquaient. Qui a vainement essayé d’inculquer à mon esprit rétif les bases du rythme, des temps et de la cadence.

La musique c’est une suite de sons, il y en a sept en tout et pour tout, faut se démerder avec ça, il y a quelques esprits chagrins qui pour emmerder le monde ont pondu des dièses et des bémols, un dièse c’est une note qui veut atteindre la suivante mais qui s’arrête à la moitié du chemin, les bémols c’est l’inverse, par contre le bécarre veut qu’on lui foute la paix avec les tons qui montent et qui descendent. Un autre peigne cul a même introduit des silences….un comble Tout cela c’est le genre de connerie qui amuse ceux qui ont pas grand-chose à faire, pour qui leur instrument est une sorte de deuxième sexe, la théorie musicale devenant avec le temps de la masturbation intellectuelle, mais sonore.

Pour compliquer ce qui n’était déjà pas facile, un stakhanoviste a introduit des quarts de ton, vu son état c’est tout ce qu’il pouvait introduire, et ainsi au fil du temps dès qu’un pékin avait le bigoudi en délicatesse, il reportait son énergie sur son instrument, là je veux parler du piano, du violon, le plus ennuyeux pour nous, humbles musiciens, c’est qu’il trouvait : musique tonale et atonale, gammes majeures mineures, relatives…

Celui qui fait de la musique, fait sans s’en douter des mathématiques mais des mathématiques bruyantes, il faut compter les mesures, les temps forts, faibles, faire attention aux armures, tenir compte de la valeur des notes, savoir qu’un ronde vaut deux  blanches qui valent deux noires, ce qui est parfaitement inadmissible au XXI siècle,  restes d’un racisme sous jacent qui n’a pas totalement disparu, puis arrivent les soupirs le demi-soupir ; le quart de soupir, quand le dernier soupir arrive , c’est le départ définitif.

Bien souvent la musique est majeure ou mineure, c’est selon qui en joue, c’est aussi un art bruyant, Beethoven qui était sourd comme un pot n’avait pas ces inconvénients. Oui il est un âge où les raideurs se déplacent, avoir les portugaises ensablées n’empêche pas de faire de la musique, Miro faisait bien de la peinture.

 

REPERTOIRE

 

Le répertoire est très varié, le choix des morceaux composant ce répertoire peut venir de n’importe quel des musiciens de cette formations ou répondre à un besoin particulier.

Ici règne la plus totale des démocraties, conformément aux canons de la démocratie, chacun est libre de dire ce qu’il pense et ce qu’il souhaite, les autres libres de ne pas l’écouter.

Il n’y a pas d’interdit dans le choix des morceaux, c’est éclectique voir hétéroclite et inversement, une mélodie commencer en élégie et finir en jazz, commencer lentement avec hésitation et finir dans une sarabande effrénée que même les moins de vingt ans ne peuvent pas suivre.

Ce répertoire qu’on pourrait qualifier d’onusien, qui confine aussi bien à une agence de voyage virtuelle qui vous entraîne dans des escapades internationales où le passeport n’est pas nécessaire, la musique vous transporte (gracieusement) vers des climats, des sons et des couleurs différentes. Ici on s’aperçoit que la musique n’a pas de frontière, ou alors, nous ne l’avons pas vu.

Si on ne s’interdit rien, on ne se permet pas tout, nous ne voulons pas traumatiser les oreilles musicalement chastes, pour cela, nous comptons parmi nos musiciens un médecin pour parer à toutes éventualités malheureuses et imprévues. Par honnêteté, nous devons aussi vous signaler que nous déplorons parmi nous la présence d’un musicien dont l’état de santé psychique parait des ^lus compromis, en espérant que la musique aura sur lui des effets salvateurs.

Nous regrettons aussi le départ précipité de certains musiciens à la recherche d’excellence, d’une musique aux exigences autoritaires et tyrannique, délaissant toute idée de fantaisies ou de libertinages musicaux, tous nos souhaits les accompagnent dans leur quête de pureté musicale.

 

TROMBINOSCOPE virtuel et indiscrétions

 

SARKIS:IL faut voir notre Maestro ma non troppo, l’œil pétillant de malice esquisser quelques pas de danse tout en chatouillant le ventre de sa mandole avec une grâce qui ferait pâlir d’envie le grand Noureev et le ferait passer pour en handicapé moteur.

Il faut l’entendre pousser la chansonnette, la musique chevillée au corps, le corps chevillé à la chaise, de peur qu’un musicien facétieux glisse sur sa chaise un coussin péteur et que celui-ci génère des bruits incongrus aux mauvais moments et dans une autre tonalité, sous sa baguette, des musiciens venus d’horizons différents suivent avec minutie ses directives.

Après avoir présenté le Maître de céans, de cette formation, sorte de gourou, d’icône, je ne dirais pas d’idole car mon éducations religieuse me l’interdit. Permettez-moi de vous dire quelques mots des musiciens de cette formation atypique. Certains ont fréquenté le conservatoire de musique, d’autres le fréquentent encore, le reste est passé devant ce monument dédié à la musique sans toutefois en trouver l’entrée.

Cathy: est notre caution morale, notre garant de responsabilité à coté de ces personnages tous récidivistes, tous auteurs d’exactions musicales, plusieurs fois condamnés par les plus hautes instances de la musique.

Partant du postulat « peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse. », ils pensent et assument « peu importe les canards, pourvu qu’on ait les sons. »

Il est loin le temps bénit où dès l’enfance à instar des Mozart, la musique la plus académique s’engouffrait dans les oreilles de nos génies en devenir. Ici, nous sommes  à mi-chemin entre la musique contemporaine et le bruit insupportable.

Donc la présence de Cathy n’est pas utile mais in-dis-pen-sable dans ce concert de cacophonie organisé, rendons lui humblement hommage ici, qu’elle soit remerciée au nom de tous.

 

Mais  mais mais

 

Il y a ceux qui soufflent dans des morceaux de bois percés de trous,

Celui qui souffle dans une sorte d’alambic portatif dont les sons émis nous rappelle que Marseille est avant tout un port et aujourd’hui quelques porcs y ont élu domicile ;

Ceux qui frappent sans aménité sur des peaux, imposant leur rythme par des arguments frappants ; des hommes d’une tendresse violente,

D’autres plus doux plus tendres ou plus faux cul caressent ou grattent des instruments à cordes variés nous transportant des rives de la méditerranée, aux portes du Bosphore, pour aller vers des pays de l’Est et finir dans des pays inexistants, du moins à l’heure où j’écris ces lignes.

Pour finir le clavier étale ses blanches et ses noires, assumant la théorie musicale et raciste qui voudrait qu’il faille deux noires pour une blanche, personnellement je laisse l’entière responsabilité de ces assertions, aux auteurs de la théorie de la musique.

Zaréh spécialiste du piano à bretelles est venu grossir nos rangs, un soufflet de forge sur les genoux, il vient nous épauler en amenant une couleur musicale de plus

Un jour surement, un indiscret, une fuite, une taupe, un corbeau nous fournira l’identité de ces musiciens composant cet orchestre atypique, il faut savoir que selon les occupations des uns et des autres cet orchestre peut ressembler à un orchestre symphonique puis la semaine suivante à un quatuor.